‹ Morale et progrèsChapitre 49 sur 199 · CHAPITRE OUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE OUATRIEME

rhomme civilise et que la psychologie varie suivant les races humaines *, Montaigne, qui cependant a si bien vu et si bien peint tout ce qu'il y a dans rhomme « d'ondoyant et divers », n'a pas moins bien remarqu6 ce qu'il y avait en lui d'universel et d'immuable : « On attache aussi bien, dit-il, toute la philosophie morale k une vie populaire et privee qu'i une vie de la plus riche 6toffe. Chaque homme porte la forme entiere de I'humaine condition *. »

Voltaire, avec son bon sens, a insiste sur ces caracteres fondamentaux qui se conservent toujours les memes, a travers tous les changements, dans la nature humaine : « L'homme, dit-il, consid6r6 dans sa nature en general, a toujours ete ce qu'il est. II a toujours eu le memo instinct qui le porte k s'aimer en lui-meme, dans sa compagnc, dans ses enfants. » Non-seulement Tinstinct et les

1. Selon M. Renan, « il est chimerique de croire qu'il existe un type uniforme et substantiel de I'dme humaine propre h recevoir la mSme loi, la m^me destiu^e... Une des illusions de la psychologie est Thypothfese d'une humanity parfaitement homog&ne. L'humanit^ n'est pas un corps simple et ne pent 6tre trait6fe comme telle. L'homme dou6 des dix ou douze facultes que distingue la psychologie est une fiction. » Riendeplus faux, h notre avis; Thumanit^ dans ses ^l^ments constitutifs nous semble parfaitement homog^ne; les difiP6rences ne viennent que de rin^galit6 du d6veloppement. La raison commenc^e est sans dottte infmiment au-dessous de la raison cultivec, muis i\^\h. elle la contenait en germe.

Page 1