EssaiSy livre III, chapitre xi
passions ne changent jamais, selon Voltaire, mais aussi la raison : « Tous les peuples se ressemblent par les passions et par la raison universelle qui contre-balance les passions et empreint les memes lois dans tous les coeurs. Ce sont li les deux cal*acteres que la nature empreint dans tant de races d'hommes diff^rentes, et les deux liens 6ternels dont elle les unit avec le temps, avec le progres des sciences et des arts... La raison se developpe, la raison cultiv6e d^passe la raison commencee, mais dans le fond Tune et Tautre sont identiques, et la raison cultiv6e ne fait qu'6clairer et cultiver ce que contenait en germe la raison commenc6e * . » Voili pourquoi il y a un genre humain, et pourquoi il n'y en a qu'un seul.
De Ik encore la possibility d'une science, et non pas seulement d'une histoire de Tesprit et du coeur humain ; de Ik I'identit^ de Thomme decrit par Socrate et Platon avec Thomme de Descartes, de Leibniz ou de Kant; de 14 Taccord d'Aristote, de Th6ophraste et de La.Bruyere, des moralistes de tous les temps, dans les caracteres qu'ils ont traces et dans les passions qu'ils ont decrites. Si haut que vous remontiez dans le passe de Thumanit^, chez le premier homme que la 16gende, la tradition ou rhistoiremettent en scene, dans Abel, etmemedans