CHAPITRE OUATRlfeME
les devoirs de droit qui seuls sont Tobjet d'une contrainte ext^rieure et qui out, comme il le dit, un caractere juridique *. Ces devoirs de droit ne consistent que dans la conformite des actions avec I'ordre ext^rieur^ ou avec la 16galite, qui est bien diflF6rente de la vertu , quoiqu'elle puisse en revetir les apparences. Us relevent du dehors, de Topinion, des biens^ances, de I'^tat des moeurs, des lois et de Tordre social, qui en facilitent ou en imposent la pratique, et qui en rendent la violation plus difficile et plus dangereuse. Les devoirs de vertu , au contraire , ne relevent que du dedans, c'est-a-dire de la conscience.
D apres la doQtrine de tous les moralistes qui ne sont pas des utilitaires, comme aussi de tous les th6ologiens, c'est dans la droiture seule de rintention que consiste la vertu, et c'est dans le degr6 d'ienergie de la bonne volont6 qu'est son unique sa mesure ^. Mais Tintention et la bonne volonte sont choses du for int6rieur qui ^chappent a toutc prise, k toute contrainte du dehors, a toute legislation. Quiconque agit avec une intention droite et pure, uniquement en vue du bien, ou de ce qu'il croit sincerement etre le bien, sans avoir n6glige de chercher k s'eclairer, sans chercher a se mentir a lui-meme, est par cela seul
1 . Voir la Doctrine du droits Introduction, § 3, traduction Barni .