‹ Morale et progrèsChapitre 63 sur 199 · CHAPITRE ClNgiltME · texte numérisé non relu

CHAPITRE ClNgiltME

Tautrc, dans ropinion publique, dans les moeiirs, dans les prejug^s, dans tout ce qui peut pousser k tel ou tel crime, ou bien empecher de le commettre!. Au xvi* siecle, par exemple, pour ne pas remonter plus haut, lorsque nulle id6e de tolerance , nulle idee de liberty de conscience et du droit des autres, n'avaient encore p6n6tre dans les &mes, lorsque la violence des temps barbares ^tait encore dans les moeurs et dans les lois, les auteurs, catholiques ou protestants, des supplices et des massacres pour cause de religion ne doivent pas nous inspirer la meme horreur et ne sont pas dignes de la meme reprobation que leurs imitateurs duxvni® ou m^me du xix* siecle. Guizot fait cette equitable remarque k propos des guerros religieuses et des massacres de protestants ou de catholiques sous Charles IX et Henri III. « Le massacre, je n'ajoute, dit-il, k ce mot aucune qualification sp6ciale, 6tait une id^e, une habitude, je dirai presque une pratique familiere k ce siecle, et qui n'excitait ni la surprise ni Thorreur qui s'y attachent de nos jours. On portait si pen de respect k la vie humaine et k la v6rit6 dans les relations humaines... tromper et tuer 6taient des actes si communs qu^on ne s^en ^tonnait guere et qu'on yl^etait presque resigne d'avance * . »

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