Histoire de France ^ 3« vol, p
406 MORALE ET PROaRfeS
Cependant, a travers toutes ces vicissitudes des mceurs et de la raison publique, quelque chose demeure immuable pour tous, k savoir Tobligation d'agir en toutes choses, et quoi qu'il arrive, suivant sa conscience, suivant, comme dit Fichte, la conscience de son devoir. La est pour tous, au meme prix, la justification ; la est la tache personnelle de chaque homme venant en ce monde.
II n'en est pas ici comme dans les sciences physiques oik les exp6riences s'ajoutent aux exp6riences, les efforts aux efforts, les vies aux vies, suivant le voeu de Descartes pour Tavancement des sciences *. Les secours, la force d*autrui, les soutiens etrangers, quels qu'ils soient, ne sont d'aucune mise dans le compte a faire; nul alI6gement n'est k attendre de ceux qui ont 6t6 vertueux avant nous ; point de gestation sociale, suivant une expression k la mode chez certains socialistes, point de substitution, point de d61egation d'aucun gfenre, comme le dit Seneque : Res ita delegationem non recipit ^, « Nulle action n'est moralement bonne, a dit aussi Rousseau, que quand on la fait comme bonne et non parce que d'autres la font ^ »
Comment en effet la bonne volont6 d'autrui