‹ Morale et progrèsChapitre 65 sur 199 · CHAPITRE CINQUlfcME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUlfcME

pourrait-elle, si peu que ce soit, suppleer k la mienne et m'epargner la peine d'etre vertueux par mai-meme? Comment concevoir que ma vertu puisse en quelque maniere s'accroitre et se fortifier par celle des ancetres ou des contemporains? Quelque loin qu'un homme soit alle dans les voies de la perfection, fAt-il meme le plus grand des saints, il emporte avec liii tout entiere sa vertu et sa saintet6 dans la tombe, comme Tartiste son g6nie, Forateur son 61oquence, le poete son inspiration. Ses efforts, ses combats, ses victoires, ne dispensent personne au monde d'un seul effort, d'un seul combat, d*ime seule victoire pour le bien et contre le mal. Nous ne sommes pas plus vertueux par la vertu d'autrui que nous ne sommes coupables par la faute d'autrui.

On pent dire de la vertu ce que Buffon a dit du style : « I^es faits et les d^couvertes s'enlevent aisement, se transportent et gagnent a etre mis en oeuvre par des main» plus habiles. Ces choses sont hors de Thomme; le style, c'est rhomme meme ; le style ne pent done ni s'61ever ni se transporter \ » De meme en est-il de la vertu comme le style, elle ne pent ni s'enlever ni se transporter; elle est Thomme meme.

Peu importe Tinfime condition de I'humanile

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