‹ Morale et progrèsChapitre 68 sur 199 · CHAPITRE VI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VI

Du rapport entre ram^lioration des formes sociales et ram^Iioration de rindividu. — Betour sur la distinction du bien social el du bien moral. — > De la valeur morale et de ce qui n'en est que Tapparence. — De la m^chancetS voil^e par la contrainte des lois. — Distinction entre les progr&s de la ci* vilisation et Fam^lioratiou de I'homme int^rieur. — A quelle condition il y a un vrai progr^s moral dans une soci^t^. — r Pourquoi on ne pourra jamais que le conjecturer. — Critiques de MM. Janet et'Garo. — G'est la quantity de la bonne Yolont^ et non des lumi^res qui justifie. — Autre chose est le bien dans Tintention^ autre chose le bien dans Taction. — Tout le m^rite depend de la bonne yolont^ et de Teffort. — La plus pauvre d'esprit a les graces suffisantes pour le salut. — Sur les caract^res des difP^rents si^cles d^apr^s Vauvenar* gues.

La plupart des historiens et des publicisies qui out 'm6dit6 sur la marche de la civilisation out cependant sigual6 un lien entre le perfectionnement de la vie civile ^t le perfectionnement de Fhomme lui-m4me. H semble, en effet, qu'aii sein d'une soci^t6 civilisee les individus deviennent en general meilleurs. « L'esprit humain s'6claire, a dit Turgot, les moeurs s'adoucissent, les nations i%e rapprochent; il y a amelioration des

116 MORALE ET PROGRfeS

formes sociales *. » Guizot insiste davantage encore sur cetle correspondance entre le perfeclionnement de Tesprit et des moeurs et le perfectionnement des formes sociales etpolitiques. « II y a, dit-il, une amelioration simultanee de Thomme et des formes sociales 2. » Onne sauraitlenier sans aller, a ce qu'il semble, contre tons les t6moi« gnages de Thistoire et de la science sociale. Mais tei accord n'est nuUement en contradiction avec ce que nous venons de dire. Si en effet on examine quel estce bien qui a augments, quel est ce mal qui a diminu6 dans Tindividu, au fur et h mesure des progres de la civilisation, quelle est cette amelioration individuelle qui se relie k I'ameiioration sociale, on verra qu'ilnes'agit pas ici du yrai bien moral ni d*une reforme interieure. Uri bieii ext6rieur, qui ne se produit pas dans les ames et dans les volontes, mais dans les actions, ind6pendamment des motifs, en vertu d'une conformity, plus ou moins contrainte et plus ou moins interess6e avec le bon ordre de la soci6t6, avec la 16galit6, voili en quoi consiste cette amelioration individuelle qui accompagne rainfelioration sociale, ou qui plut6t se confond avec elle. (Testun progres dans les devoirs de droit, suivant Ia.^8^

Page 1