‹ Morale et progrèsChapitre 72 sur 199 · Bossuet, Panigyrique de saint Joseph · texte numérisé non relu

Bossuet, Panigyrique de saint Joseph

2. Petit Cnr^me, Sermon sur la fausset6 de k gloire hrnnaine.

CHAPITRG SIXI&ME 121

tions qui se modifient. Qji'un seul instant cette contrainte se rel&che, comme il arrive dans les troubles int6rieurs et dans ies revolutions, alors le voile se dechire et la ferocity des temps barbares reparalt auseinmftme de la civilisation 6pouvantee .

Qu'on se garde aussi de prendre pour de la vertu une certaine douceur, une certaine bont6 qui sont entrees plus ou moins dans les moeurs ; ce n'est pas Ik un fondement solide, ainsi que le remarque justement J. -J. Rousseau. « On peut 6tre bon, dit-il, sans ^tre pour cela un homme vertueux. Celqi qui n'est que bon ne domeure tei qu'autant qu'il a du plaisir k Tetre. Sa bont6 se brise et p^rit sous le choc des passions humaines ; rhomme qui. n'est que bon n'est bon que pour lui^» Geux-la seuls, en effet, sont bons qui s'abstiennent de faire le mal par amour de la vertu : Oderunt peceare boni virtutis amove '.

C'est ainsi que, sans nulle amelioration de la volenti, sans nul veritable progres dans le bien, un individu se trouve contraint a ^tre moins malfaisant par la difficult^ croissante de mal faire, emmaillotte qu'il est par tout ee r6seau de liens de lafamille, de la civilisation, del'ordreetdelaloi, jusqu'aujour oil, par quelque perturbation sociale, il sera d^-

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