Morale, liv. Ill, chap, ix, du Progres moral
2. Voir deux articles de la Revue des Deux-Monde^ sur le Progres social, 15 octobre et !«' novembre 1873.
i26 MORALE ET PROGRfeS
verlu, j'imagine, comme me le reproche M. Janet, qu'il faille maintenir, qu'il faille faire fructifier le mal dans rhomme et dans le monde. Si loin que puisse aller la perfectibility, jamais, n'en doutons pas, la vertu ne se trouyera k contt d'occasions de mfirite et de d6vouem«nt ; jamais Tepreuve ne fera d6faut a personne,meme aux plusheiireuxdu siecle leplus fortune. C'est d'ailleiirs une question que nous devons traiter plus au long dans un des chapitres suivants. La these que nous defendons ici n'est done nullement celle de Tasc^tisme, mais bien celle de la plus stricte equity. Nous avons voulu, comme dit spirituellement M. Caro, faire la part du pauvre en morale. Cela est vrai et nous n'avons garde de nous en d6fendre. Oui, tons, m6melesplusd6nues, mSme les plus pauvres d'esprit, ontJileur portee les moyens dem6riteretd*etre vertueux; tons, comme parleht les th6ologiens, ont re^u la gr&ce suffisante pour le salut. II ne sera demands compte k personne de la quantity de ses richesses ou de ses lumieres, mais bien de la quan* tit^ de sa bonne volonte : « Les prophetes n'ont pas reproche auxhommes, comme dit La Brayere, la pesanteur de leur esprit, Fobscurite de leur jugement, ni la l^geret^ de leur imagination ; ils leur ont reproche la duret6 de leur coeur * . »
i. Caracthesy chap, du M^rite personnel.