CHAPITRE SEPTIEME
modemes. II faut. bien avouer que dans ces disputes litteraires les uns et les autres n'ont pas toujours fait preuve d'un goAt bien silr et d'une saine critique* De part et d'autre, il y a bien des Equivoques, des malentendus et des prejuges. Que de fautes de jugement et de goAt, quelle ignorance des lois du developpement naturel de Tesprit humain, comme aussi de la diff6rence essentielle qui s6pare le g6nie, Tinspiration, Timagination et les beaus-arts, de la science, des arts industriels et des proced6s techniques ! L'amourpropre, la vanit6, Tentetement, les rivalit6s d'auteurs prolongent, enveniment un d6bat mal engag6, rendent difficile un jugement impartial et une solution Equitable. Les d^fenseurs des anciens ne sont pas sans doute k Tabri de tout reproche, meme en fait de goAt, mais les d6fenseurs des modemes ont plus d'une fois merits le trait piquant que leur lance La Bruyere : « Un auteur moderne prouve ordinairement que les anciens nous sont inf6rieurs en deux manieres, par raison et par exemple ; il tire la raison de son goAt particulier et I'exemple de ses ouvrages * . » Gependant, quoique trop souvent futiles dans la forme, ces d^bats de gens de lettres ont un int^r^t philosophique k cause du lien qui les rattache k