‹ Morale et progrèsChapitre 85 sur 199 · l" chapitre · texte numérisé non relu

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CHAPlTRfci SEPTIEMK J 43

TEtat. Ni Van ni Tautre ne sont de ces choses qui recoivent du temps accroissement et maturite. Le gout et le sentiment des convenances se ferment et se d^veloppent, des regies s'6tablissent qui s'imposent k Tecrivain ou k Tartisle, qui le preservent, sans rien aj outer a son m6rite propre et a son g6nie, des fautes gi'ossieres ou sont tomWs ses pred6cesseurs, quoique peutetre doues de facult^s dgales ou meme superieure.

C'est ainsi qu'un siecle apprend a un autre, non pas a faire des chefs-d'oeuvre, mais a produire plus facilement des oeuvres correctes et r6gulieres, dignes, quoique m^diocres, d'une certaine estime. Avec moins de talent, k certaines 6poques, on arrive a faire des oeuvres moins d^fectueuses, comme la remarqu6 Voltaire en comparant le xvm*' au XVII* siecle. « 11 faut encore observer, dit-il, que le siecle pass6 ayant instruit le present, il est devenu si facile d'ecrire des choses mfidiocres qu*on a 6t6 inond6 de livres frivoles et, ce qui est encore bien pis, de livres serieux inutiles ^ »

De meme, pour continuer jusqu'au bout notre parallele, on voit aussi, dans la sphere des moeurs, se former et se d^velopper un sentiment des

1» siecle de Louis A7K, chap, sur les Art*.

convenances qui contient certains ecarts, qui r^prime la manifestation de penchants grossiers, qui empeche un certain nombre d'actions mauvaises et les remplace meme par des actions correctes et r6gulieres, sans que pour cela le fond soit meilleur, sans qu'il y ait chez leurs auteurs une dose plus grande de merite et de vertu.

Gependant quelques philosophes n'ont pas voulu admettre que les beaux-arts eux-memes fissent exception a la loi du mouvement, suivant eux necessaire et continu, de Thumanite. Ainsi, d'apres Auguste Comte, Texception n*est qu*apparente ; les beaux-arts, comme les sciences, t6moignent de cette grande loi du progres continu. Comment done se fait-il qu'ils se soient Aleves si haut en des temps qui, k tons les autres points de vue, ne repr6sentent que Tenfance de rhumanite ? « Ce paradoxe apparent tient, dit-il, k ce concours necessaire de causes naturelles qui, sous Tempire du polyth^isme, ont favorise le principal essor des beaux-arts, sans qu'une telle correspon dance puisse rationnellement indiquer aucune vraie diminution ulterieure dans Tensemble de nos facultes esth^tiques. Ce qui est vrai, c'est que, malgr6 leur developpement toujoura continu, elles n'ont pu retrouver depuis ni une stimulation aussi directe et aussi energique, ni d'aussi d'importantes attributions, toutes circon-

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