‹ Morale et progrèsChapitre 86 sur 199 · CHAPITRE SEPTIEMB · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIEMB

stances independantes de leur activity intrinseque et du in6rite propre de leurs producteurs * . »

Auguste Comte refuse done d'admettre la pretendue degeneration, chez les modernes, des faculi6s esthetiques de rhumanite, et il pretend demontrer qu'elles sont assujetties, comme toutes les autres,aun d^veloppement continu. line lui semble pas, tout d'abord, qu'on puisse mettro en doute la preeminence de la musique des modernes sur la musique des anciens^ « r^duite k des melodies extremement simples et uniformes, ou la mesure est le principal mode d'expression. » De meme, suivant lui, en est-il de la peinture, non-seulement dans sa partie technique, mais dans sa plus haute expression morale. Quant k la sculpture, elle ne doit sa superiorite chea les anciens, si toutefois elle est r6elle, qu'a leurs moeurs et k leur maniere de vivre. L'architecture, meme en no considerant pas sa partie industrielle et usuelle, offre encore, selon lui, la memo superiorite^ au point de vue esthetique, que la musique ou la peinture. L'antiquite n'a rien, dit-il, qui6galelabeaute des cathedrales du mpyen age. Le progres general de la poesie, le premier des beaux-arts, ne lui parait pas moins incontestable, meme pendant la preten^ due nuil du moyen age, et malgr6 le prejudice que

J. Philosophie positive y j3« lc(jon, Age du polyth^isint^

Mt) MORALE ET PROGRtS

lui a porle le long enfantement des langues modern es.. .

Nous croyons que ces prelendus progres de la peinture, de la musique et de Tarcliitecture &'expliquent, comme nous Tavons dit, par la distinction de la partie technique, seule perfectible, et du genie de Tartiste, qui ne Test pas. Bicn moins encore reconnaissons-nous ce progres general de la poesie dont Auguste Gomte parait si convaincu. Comment prouver la supiriorite des plus grands poetes modernes sur les poetcs anciens, surHomere ou Sophocle? Cependant, si la loi du progres continu etait applicable a la poesie, les poetes modernes devraient d6passer d^autanjb les anciens, que l,es . mathematiciens, les astronomes, les physiciens d'aujourd'hui depassent ceux de Rome et d'Athenes, La He^iriade devrait etre infiniment sup6rieure k Ylliade; le moindre peintre de nos jours devrait cent fois d6passer Raphael, et Canova Temporter mille fois sur Phidias. II se pent que Tinspiration des architectes de nos cath6drales soit 6gale a celle de Tarchitecte du Parthenon. Mais comment prouver qu'elle lui soit superieure, et surtout comment prouver qu'elle s'y rattache par un lien quelconque, do telle sorto que la premiere ait servi d'echelon pour s'61ever a la seconde, sulvant une loi de succession et do progres?

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