CHAPITRE SEPTliiME
bien juger de la vertu, il ne faut pas considerer uniquement la bont6 des actions, pas plus qu'il ne faut estimer uniquement le ni6rite d'un auteur par la perfection de Touvrage. La pretention des modernes de surpasser les anciens par la vertu, d'une maniere necessaire, et par le seul fait des siecles 6coul6s, n'est pas mieux fondee que la pretention de les surpasser par le g6nie.
C'est ainsi que ces deux questions, du progres artistique et litt^raire et du progres moral, se resolvent par le meme principe, et viennent, en s'eclairant Tune par Tautre, aboutir a des conclusions semblables. De la perfectibility propre k rhumanit6 il faut done malheuueusement retrancher les deux plus grandes choses qui soient au monde, le genie et la vertu.