Article des Debats du 20 novembre
\m MORALE ET PROGRES
rheredit6 ne transmet que des aptitudes, des dispositions, des penchants, qu'une foule de causes, an premier rang desquelles il fau( mettre la liberty, peuvent modifier, troubler, refouler, combattre ou developper. Si, plus tard, ces aptitudes bonnes ou mauvaises se manifestent dans la vie, dans les caracteres, dans les actes et dans les (Buvres, c'est sous I'influence de circonstances plus ou moins favorables ou d6favorables, c'est surtout par suite de Taction ou de Fabstention de notre pouvoir personnel, et non par le fait seul d'une transmission h6reditaire.
On oppose cependant des tableaux genealogiqucs, dc longues listes, des nombres imposants, avec lesquels on veut nous demontrer, gvkce k la statistique, que rh6redit6 exerce une action decisive sur le moral, et que le genie iui-meme se transmet dans les families, comme le sang et le nom. C'est un auteur anglais, Francis Galton, qui a imagine cette demonstration experimentale de rh6redite du g6nie* . Mais, malgre la multitude des noms et des exemples, malgr6 tout le luxe d'apparente exactitude de cette statistique d'un genre nouveau, Galton n'a certainement pas reussi a etalilir sa these de Theredite du genie. C'est en vian
i. Hereditary genius^ iii-8, London, 1869. M. Ribot, dans son ouvrage de fHMdlUy s'est beaucoup trop appuy^ sur les listes si siijellcs h la critique et si pou eoncluantes de Galton.