‹ Morale et progrèsChapitre 95 sur 199 · Histoire des savants et des sciences, Geufeve · texte numérisé non relu

Histoire des savants et des sciences, Geufeve

IGO- MORALE ET PROGRilS

erudits, des travailleurs, des savants estimables, mais non deux savants de g^nie. D'aiUeurs, dans Tordre des travaux et des recherches scientifiques, combien n'est pas plus grande que dans la poesie et les beaux-arts, et meme dans la politique et dans la guerre, la part des lecons et des exemples paternels, la part du travail,, de la force personnelle, de la volonte, et de cette longue patience que BuflFon assimilait au g^nie ? Plus precieux encore sans doute que celui du g^nie serait Theritage de la vertu; mais, d6ji nous I'avons dit, ces deux sortes de successions sont egalement chimeriques. Les vies vertueuses ne s'ajoutent pas aux vies vertueuses, quoi que dise M. Taine *, ni lespetites vertus ne s^accumulent, comme les id^es scientifiques, de generation en generation, pour former, a des epoques phis heureuses, de plus grandes et plus g6nerales vertus. 11 est difficile, il est vrai, dene pas admettre que les uns naissent plus ou moins bien doues que les autres, que tel ou tel tient de ses peres, ou de la nature, des dispositions plus ou moins heureuses pour le bien ; mais il faut encore que nous mettions nous-m^mes ces dispositions en (Buvre pour en faire sortir la vertu, qui

1. Article sur FH^ridiU de M. Ribot, dans les DSbats du 23 novembre 1873.

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