‹ Morale familiereChapitre 47 sur 77 · UNE GRANDE LUI REFIT SA RAIE ET RELEVA SES CHEVEUX · texte numérisé non relu

UNE GRANDE LUI REFIT SA RAIE ET RELEVA SES CHEVEUX

LE RESPECT. aa5

embrouiller les idées de nos enfants? Elles ont raison ; tout est bien qui est à sa place. »

Je m'en allai avec ma leçon. Il y en a pour tous les âges à Beblenheim.

La bonne petite Frieda, qui avait vaguement compris que je venais d'être grondé, et qui' pensait que je devais avoir besoin de consolation, m'offrit une pomme dans laquelle elle n'avait encore mordu que deux fois.

« Chère mignonne, lui dis -je en l'embrassant, gardez-la votre pomme, votre tête blonde la mérite bien.

— Chaimerais mieux être prune, me répondit Frieda.

— Que pomme? reprit sa petite maman Lucie en riant aux éclats.

— Que plonte, » répliqua gravement Frieda, que lo calembour incompris de sa grande amie n'avait pas fait broncher.

La joie du jour fut pourtant traversée par un désastres, un affreux désastre.

Quand on revint au ruisseau pour chercher les bouquets, devinez ce qu'on y trouva. — Deux grosses vaches qui les avaient tous mangés ! Quelle horreur !

« Bah ! on en refera d'autres ! s'écria-t-on, le premier moment de stupeur passé. Gela a fait plaisir à mesdames les vaches, après tout. Elles ont voulu faire un bon dîner, elles l'ont fait , — nous aussi , — tout est bien.

— Et elles auront tu pien pon lait, dit la petite Frieda, tu lait de fleurs. »

La journée s'était passée comme une heure. Le soleil taisait mine d'aller se coucher derrière les monts. Il

aa6 LE RESPECT.

n'en dorait plus que les sommets. L'essaim reprit le chemin de la ruche.

On refit tout le long de la route une nouvelle cueillette de bouquets, et, quand nous rentrâmes au Petit-Château, le mal était réparé. Chacun de nous avait son bouquet tout neuf, Jean Macé et moi comme les autres; et même nous avions les plus gros. Miss Mary, miss Lucy, et la bonne petite Frieda, et toutes les autres, voyant que nous ne nous courbions pas volontiers pour faire la moisson, avaient glané pour nous.

Vous croyez peut-être que c'est là tout. Vous n'y êtes pas. Mes yeux, en rentrant, furent frappés par une belle affiche qu'on avait collée avec quatre pains à cacheter sur un carreau, et derrière laquelle brûlaientdeux bougies pour faire transparent.

Cette affiche annonçait que la journée allait se terminer par une grande représentation donnée à ma gloire par les premiers artistes du Petit-Château.

Le spectacle était composé de :

Page 1