LA PUISSANCE DU BIEN
mortelle, en pleine immortalité de matière, — lesanciens qui assignaient à la vertu, au bonheur, l'enceinte de notre monde, les anciens eux-mêmes disaient : « Fais le bien, fais-le jusqu'à la mort, car la sagesse, c'est le bonheur! » et nous, qui avons de plus qu'eux le souffle divin des temps nouveaux, nous ne comprendrions pas le sens profond de cette parole de la sagesse antique : « La vertu, c'est le bonheur ! »
Un homme meurt au poste que lui a marqué sa conscience, et vous osez dire qu'il meurt misérable ! Vous ne comprenez pas que, puisqu'il préfère la mort au mal, c'est que la mort est un moindre mal, pour lui, que le sacrifice de son devoir. Croyez-vous donc qu'il n'y avait aue du poison dans la coupe de Socrate?
Non, vous ne le croyez pas. Votre âme, votre conscience ne peut pas retarder de trois mille ans sur l'humanité.
Donc, faites le bien; — soyez Vhomme de bien, et advienne que pourra. Car l'homme de bien dépasse même l'honnête homme. C'est l'honnête homme éprouvé par la pratique, celui dont l'honnêteté a produit ses fruits, et qui a partagé sa récolte avec ceux dont le champ avait trompé les espérances.