L'ABSOLUTISME DE KANT
Ce mélange d'idées différentes et opposées apparaît encore plus clairement dans la suite. Kant, nous venons de le voir, a emprunté la conception de la volonté générale à notre droit français, il a proclamé après Rousseau et nos Constituants la liberté et la souveraineté absolues du peuple. Ces audaces paraissent l'avoir effrayé et voici que subitement il tourne court et met en formules les articles fondamentaux du despotisme « éclairé » de Frédéric II et même ceux du despotisme absolu de Hobbes et de Bossuet.
« L'origine du pouvoir suprême est pour le peuple, qui y est soumis, une chose qui ne peut se scruter (unerforschlicK)^ c'està-dire que le sujet ne doit pas discuter cette origine 2. » Le peuple souverain, qui, en fait, est sujet d'un pouvoir qu'il n'a pas étabh, n'a même pas le droit d'en contester l'origine. C'est aller plus loin