Ibid., p. 177, édition Hartenstein, t. VU, p. i
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que Frédéric II, qui disait : raisonnez tant que vous voudrez, mais obéissez.
Et Kant continue : « Que si, après en avoir scruté la première origine, un sujet voulait résister à l'autorité actuellement régnante, les lois de celte autorité auraient tout droit de le punir, de le mettre à mort, de le bannir, comme étant hors la loi. Une loi qui est si sacrée (si inviolable), que c'est déjà un crime de la mettre seulement en doute (sic) au point de vue pratique, ne semble pas venir des bommes, mais de quelque législateur suprême et infaillible, et c'est là ce que signifie cette maxime que toute autorité vient de Dieu. Elle exprime un principe pratique de la raison, à savoir qu'on doit obéir au pouvoir légishûï actuellement existant, quelle qu'en puisse être l'origine'. »
Voilà justifiée, maintenant, comme un principe de cette même raison pratique qui posait la liberté, l'égalité et la souveraineté absolues du peuple, la royauté de droit divin ! Ne croirait-on pas entendre Bossuet : les princes sont les représentants de Dieu sur la terre, « ils sont des dieux et participent en quelque façon de l'indépendance divine- »? et Ilobbcs : a le Roi et tout autre souverain exécute son office de suprême pasteur par une autorité immédiate émanée de Dieu, c'est-à-dire au nom de Dieu, ou Jure divine^. )>
Et en voici des conséquences :
« On ne peut admettre en aucune manière à son égard le droit de sédition, encore moins celui de rébellion et, moins encore qu'aucune cbose, de s'attaquer à son souverain, comme individu (comme monarque), sous prétexte d'abus de pouvoir, à sa personne ou à sa vie. La moindre tentative de ce genre est une haute trahison et un traître de cette espèce, qui tente de tuer sa patrie (parricide), ne peut être puni que par la mort. Le devoir qu'a le peuple de supporter l'abus (Missbrauch) du pouvoir suprême, alors même qu'il passe pour insupportable, se fonde sur ce que l'on ne doit jamais considérer la résistance à la législation souveraine autrement que comme illégale \ » Comment concilier ceci avec l'admiration que Kant éprouvait pour la Révolution française?