‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 104 sur 312 · Levialhan, cli. xlii · texte numérisé non relu

Levialhan, cli. xlii

4. Métaphysique du droit, trad. Barrii, p. 180, édition Hartcnslein, t. MK p. i38.

Au début de l'année 1790, il voyait dans cette révolution le commencement inespéré d'une période nouvelle pour l'histoire de l'humanité et citait la France « comme une nation qui s'élève à un degré d'organisation supérieure' ». Il n'en est plus question ensuite dans ses ouvrages jusqu'en 1798. Mais nous savons, par son biographe Jachmann, que pendant la période la plus critique il était si impatient de nouvelles « qu'il faisait plusieurs milles pour aller au-devant de la poste' ». L'écrit : De ce proverbe : cela peut être bon en théorie mais ne vaut rien en pratique, où il justifie par un raisonnement très singulier le pouvoir absolu du prince, est de 1793, la Métaphysique du droit, ou ce pouvoir est si nettement affirmé, commencée en 1796, est publiée en 1797. C'est l'année suivante, en 1798, plusieurs années après la Terreur, qu'il laisse éclater son admiration pour la Révolution française : « La Révolution d'un peuple si riche en facultés spirituelles,... cette révolution éveille dans l'âme de tous les spectateurs (de ceux qui se trouvent à l'écart de la scène) une sympathie dans les vœux, qui coniine à l'enthousiasme et qui, ne pouvant être exprimée sans danger, ne peut avoir d'autre cause qu'une disposition morale de la nature humaine \ »

Ainsi : en 1793, en 1795, en 1797, toute tentative de révolution est un crime de haute trahison qui mérite la mort; mais en 1798, la Révolution française excite une sympathie qui confine à l'enthousiasme et qui a ses racines dans la disposition morale {moralische Anlage) de l'espèce humaine. Comment cela se concilie-t-il ?

C'est d'abord que la Révolution s'est passée en France et que les écrits de kant sont publiés dans la Prusse de Frédéric II et de Frédéric-Guillaume II. Mais il y a une raison plus précise. Que s'est-il passé de 1797 à 1798?

Au début de 1792, le ministère prussien avait interdit le séjour du pays à un grand nombre d'émigrés et dans l'automne de la même année, la censure avait fait défense aux journaux de parler

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