‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 105 sur 312 · I. Dans la Critique du Jugement · texte numérisé non relu

I. Dans la Critique du Jugement

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Jans la Critique du Jugement.

2. Jachman, Immanuel Kant geschihiert in Brie/en an einen Freund, 12^ lettre,

3. Der Streit der Facullaten, II, 6, édition Hartenstein, VII, p. Sgg, édition Reclam, p. io5.

des événements français et des afllaires politiques. En 179^, Kant avait eu lui-même à compter avec cette censure. Or Frédéric- Guillaume II meurt précisément en 1797 et son successeur se hâte de congédier le ministre VVoUner, inspirateur de la réaction. Ces rapprochements de dates, pour n'être pas de la métaphysique, n'en font pas moins comprendre très clairement les attitudes successives de notre philosophe intransigeant! La Métaphysique du droit contient, à n'en pas douter, une apologie prudente et non déguisée du pouvoir que détenait ce mystique débauché, aussi vain que médiocre : Frédéric-Guillaume 11, apologie justifiée par des arguments empruntés à Hobbes et Bossuet.

Voici comment Kant lui reconnaît tous les droits et le met audessus de tous les devoirs :

« De là résulte cette autre proposition que le maître dans l'État n'a que des droits vis-à-vis des sujets et qu'il n'a pas de devoirs obligatoires', Der Herrscher im Staate hat gerjen den Unterthan lauter Rechte und keine {Zwancjs) Pflichten. „ Ici Kant renchérit sur le despotisme de son ancien maître Frédéric II, pour qui, en théorie tout au moins, les devoirs du prince légitiment seuls 'son pouvoir ^ Le souverain (de fait ou de droit) se confond en quelque sorte pour Kant avec la loi même, il incarne l'Impératif catégorique, il est le droit même vis-à-vis de ses sujets. C'est strictemenl la théorie de Bossuet, d'après laquelle TEtat s'incarne dans la personne du prince \ C'est celle de Hobbes pour qui la volonté de tous doit se confondre en la volonté d'un seul, pour qui l'État est « une personne de qui la volonté... doit être tenue pour la volonté de tous S) et pour qui le souverain « se trouve personnellement au-dessus des lois' ».

Et Kant précise la portée de sa pensée, afin qu'il n'y ait aucun doute : « Bien plus, si l'organe du souverain, le Régent (le pouvoir exécutif), agit contrairement aux lois (faites par le pouvoir

^^Métaphysique du droit, trad. Barni, p. 178, édition Hartenstein, t. VII.

2. Frédéric II, Œuvres, édit. Preuss, IX, 3. 8 : « Lo prince n'est que le premier serviteur de 1 Ltat..., comme si à chaque moment, il devait rendre compte de son administration à ses citoyens. »

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