Dans Diodore, XXX
aucun espoir d'augmenter ses propres forces ou de diminuer celles de Padversaire pour la poursuite de la guerre, renverser de gaieté de cœur les temples avec les statues et tous les objets sacrés, n'estce pas le fait de la passion aveugle et de la folie? Les hommes de bien combattent non pas pour exterminer, pour détruire ceux qui ne sont pas responsables, mais pour réparer, redresser des torts ; non pour envelopper dans un même châtiment innocents et coupables, mais plutôt pour sauver et pour préserver avec les justes ceux qui semblent ne pas l'être \ » Ces idées, qu'elles aient été ou non respectées en fait au cours des temps, ont toujours été le fondement du droit de la guerre des peuples civilisés, et, si les théoriciens allemands du xix« siècle se sont élevés contre elles, ils se sont mis en dehors de la civilisation; voilà tout. Kant n'a fait que reproduire des principes, qui, de son temps, étaient incontestés.
Quand à l'établissement de bonnes relations internationales privées et publiques entre les peuples (9), c^élait un état de fait qui existait entre nations, en dehors des périodes de guerre, à l'époque de Kant; le cosmopolitisme y était même particulièrement développé. Il est évident, d'ailleurs, que ces bonnes relations sont utiles et même nécessaires à l'établissement et au maintien de la paix.
Ces cinq propositions ne nous apportent véritablement rien de nouveau.
Les trois autres conditions négatives: la défense d'acqiiérir injustement des territoires étrangers (2), de s'ingérer dans les affaires intérieures de l'État (5), et la forme démocratique du gouvernement (7), sont plus intéressantes.
Pour la forme démocratique du gouvernement, nous sommes bien renseignés par ce que nous avons vu plus haut sur ce que pense notre philosophe, en théorie et en pratique. Sa république exclut toute participation au droit de souveraineté des pauvres, des employés, des travailleurs à la solde d'un maître, qui n'ont « aucune personnaUté civile », et qui ne possèdent qu'une « existence accidentelle ». Quant au souverain, il n'a que des droits et aucun devoir à l'égard de ses sujets ; il est interdit au peuple de tenter la momdre résistance aux pires abus qu'il pourrait commettre, sans encourir le crime de lèse-majesté. Comme je l'ai montré, c'est bien