‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 127 sur 312 · JÀ · texte numérisé non relu

JÀ

If.

2ijc LA MORALE DE KANT. EXPOSÉ CRITIQUE

et comme les moralistes modernes indépendants du christianisme, avaient défini les lois de la morale par ce qu'ils pensaient être le bien : l'utile, le vrai, le bon; et ce bien, ils l'avaient modestement cherché dans l'étude attentive et délicate de la nature humaine et des conditions de la vie dans le monde matériel et dans la société.

Kant, qui était, comme tout bon Prussien, atteint d'une véritable cécité psychologique, simplifie le problème. Cette recherche du bien est difficile et laborieuse, pleine d'écueils, et exige, en même temps que l'esprit géométrique, un grand esprit de finesse. Pour y échapper, Kant renverse toute l'œuvre de ses prédécesseurs et définit le bien par la loi elle-même, sans fonder sur quoi que ce soit cette loi, prise, arbitrairement et paresseusement, comme un fait immédiat et premier de la raison pratique.

Il y a une charrue et il y a des bœufs. Avant Kant, c'étaient les bœufs qui tiraient la charrue. C'est ainsi qu'on procédait jusqu'alors pour labourer. Kant veut que ce soit la charrue qui tire les bœufs, parce que c'est moins fatigant pour ceux-ci et qu'ils sont parfois récalcitrants. Il en résulte que la charrue et les bœufs restent en place et que tout le labour devient impossible. C'est ce que j'ai montré en détail.

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