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RÉSUMÉ ET CONCLUSIONS GÉNÉRALES
tique. Kant peut interdire à la raison pratique de franchir certaines limites, ses coups n'en ont pas moins porté; si la raison pratique est capable de restaurer l'immortalité de Tâme et l'existence de Dieu, Kant a beau lui interdire de tirer de ces deux affirmations aucune conséquence, ces conséquences n'en sont pas moins réelles.
Si Dieu existe, que ce soit par suite d'un raisonnement de la raison pratique ou d'un raisonnement de la raison théorique, il n'en existe pas moins ; car l'idée d'existence n'a pas un sens pratique, qui diffère du sens théorique. Exister est exister. Il n'y a pas de subtilité qui puisse faire admettre une façon d'exister pratique et une façon d'exister théorique, ce ne sont que des mots. Dieu existe ou il n'existe pas. Il en est de lui comme des lanternes de l'ami Westphalien de Heine.
Et si Dieu existe pratiquement, il y a tout au moins une idée qui, pratiquement, n'est pas une simple catégorie de l'entendement et il n'y a aucune espèce de motif de ne pas admettre l'existence objective pratique des autres idées. Il ne reste alors plus rien de la Critique de la raison pure, et si l'on veut, à toute force, la maintenir en face de la Critique de la raison pratique, il faut dire qu'il existe des idées qui sont de simples formes de la raison et qui en même temps ne le sont pas, qu'il existe des réalités qui sont objectives sans être objectives, suivant l'usage qu'on veut en faire. Minée par la contradiction la machine éclate.
Telles sont la portée et les conséquences du conflit entre la raison pratique et la raison spéculative.
Mais les difficultés du système sont plus profondes. On peut faire abstraction de ce conflit et des résultats de la dialectique et s'en tenir aux données premières de Vanalytique : l'impératif catégorique et l'opposition de la forme et de la matière; les difficultés ne sont pas moindres. L'attitude de Kant, ses principes mêmes enlèvent en réalité à la morale toute signification vraiment morale et lui retirent toute détermination positive. C'est ce que j'ai établi en dernier lieu.