APPLICATIONS
Mais comment déduire de celte loi générale les lois plus particulières d'action? Il faut et il suffit, nous dit-on, que la maxmie d'une action, pour être morale, puisse être érigée en loi umverselle. Le principe d'une action peut toujours être formulé en maxime et cette maxime peut toujours tout au moins verbalement être universalisée ; en vertu de quel critérium cette universalisation est-elle légitime et valable pour la raison? N'y a-t-il pas à cramdre que pour légitimer cette opération Kant ne se fonde précisément sur l'un des principes qu'il a écartés : bonté, justice, bienfaisance, utilité, sentiment moral, qu'il n'introduise une pétition de principes ou ne tombe dans un cercle vicieux ?
C'est le reproche que lui a adressé Schopenhauer et ce reproche est souvent justifié, comme nous le verrons plus lard'. Ici Kant est relativement maître de sa pensée; il fait du moins tous ses efforts pour éviter les cercles vicieux et pousse son principe jusqu'à sonexlrême conséquence. Puisque la bonté, la justice, la bienfaisance, le sentiment moral, etc., tout ce qui constitue la matière de la moralité, appartient au monde de l'expérience c^ ne peut renfermer en soi à aucun degré un caractère moral, il ne reste pour juger de la légitimité de l'universalisation qu'un seul