I . îbid., p
3. Plus bas, p. 1 37-153, voir le mot Paralogismes à la table alphabétique.
LES FONDEMENTS DE LA MÉTAPHYSIQUE DES MŒURS
critérium : la non-contradiction. Ce qui seul, dans le système de kant, en vertu même des prémisses qu'il a posées, peut condamner une maxime, ce ne sont donc pas les conséquences mauvaises ou fâcheuses qu'elle entraînerait, mais seulement les contradictions qu'elle impliquerait, si elle était généralisée. « Il y a des actions dont la nature est telle que leur maxime ne peut être conçue sans contradiction comme loi universelle de la nature \ » Ce sont celles-là qu'il faut éviter « Tous les devoirs sont entièrement réductibles à cet unique principe que nous avons posé^ » Au premier abord cette conclusion paraît choquante et l'on peut se demander si Kant ne s'est pas laissé entraîner par un excès de logique et si c'est bien là sa véritable pensée. Mais il a tenu à éviter sur ce point toute équivoque en donnant des exemples qui précisent sa pensée et écartent toute incertitude. Il examine successivement : le suicide, la rupture d'un engagement, les actes accomplis par plaisir, les actes accomplis contre la charité et cherche à démontrer que ce qui les condamne c'est uniquement que leur maxime généralisée impliquerait en elle-même une contradiction.
Le malheur vous réduit au désespoir, vous pensez à mettre fin à vos jours. Formulons la maxime de cet acte désespéré : « J'admets en principe que, si la vie, en se prolongeant, me menace de pkis de maux qu'elle ne me promet de joies, je puis l'abréger. » Universalisons la maxime, c'est-à-dire faisons-en une maxime applicable à tous les hommes qui sont dans le même cas. « Je m'aperçois vite, dit Kant, qu'une maxime dont la loi serait de détruire la vie, en vertu de ce même sentiment, dont l'objet est |>rcci sèment de nous exciter à la conserver, se contredirait ellemême La maxime en question ne peut donc en aucune façon
être érigée en loi universelle et, par conséquent, elle répugne au principe suprême du devoir ^ »
L)e même, « l'universalité d'une loi, qui permettrait à tout homme de promettre n'importe quoi, avec l'intention de ne pas tenir sa promesse, rendrait impossible les promesses elles-mêmes
i- Ibid., p. 58.