‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 156 sur 312 · Ibid., J5 i · texte numérisé non relu

Ibid., J5 i

bases en étudiant ce que sont les Passions de Fâme et comment elles doivent être conduites et dirigées pour répondre à sa conception de la sagesse. A l'encontre de Kant, il n'élimine pas les passions de la morale, loin de là : « Or il est aisé à connaître, de ce qui a été dit ci-dessus, que l'utilité de toutes les passions ne consiste qu'en ce qu'elles fortifient et font durer en l'âme des pensées, lesquelles il est bon qu'elles conservent, et qui pourraient facilement sans cela être effacées. Gomme aussi tout le mal qu'elles peuvent causer consiste en ce qu'elles fortifient et conservent ces pensées plus qu'il n'est besoin ; ou bien qu'elles en fortifient et conservent d'autres auxquelles il n'est pas bonde s'arrêter \ » Descartes a déjà la notion de l'importance de la vie affective dans le travail même de la pensée, que M. Ribota si bien mis en évidence. Ce sont là ces idées empiriques, contre lesquelles Kant n'a pas assez de méprisa

Quant à l'amour, que Kant relègue hors de la morale et considère même comme dangereux : « Je dis que cette amour est extrêmement bonne, pour ce que, joignant à nous de vrais biens, elle nous perfectionne d'autant \ »

Notre grand géomètre, à qui on reproche quelquefois trop d'intellectuahsme en morale, va même beaucoup plus loin : « Je dis aussi qu'elle (l'amour) ne saurait être trop grande, car tout ce que la plus excessive peut faire, c'est de nous joindre si parfaitement à ces biens (les biens de la vraie connaissance), que l'amour que nous avons particulièrement pour nous-mêmes n'y mette aucune distinction ; ce que je crois ne pouvoir jamais être mauvais : et elle est nécessairement suivie de joie, à cause qu'elle nous représente ce que nous aimons comme un bien qui nous appartient \ »

Et après avoir longuement étudié toutes les passions et montré comme il faut les conduire, Descartes conclut ainsi : « Nous voyons qxi^elles sont toutes bonnes de leur nature et que nous n'avons rien à éviter que leur mauvais usage et leurs excès, contre lesquels les remèdes que j'ai expliqués pourraient suffire, si chacun avait assez de soin de les pratiquer ^ »

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