‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 159 sur 312 · I. Ethique, V, proposition IV, scolie · texte numérisé non relu

I. Ethique, V, proposition IV, scolie

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volonté nous porte nécessairement vers l'amour du bien, qui est Dieu, vers l'amour de nous-mêmes, qui est la conservation de notre être, et vers l'amour de toutes les créatures, qui est la conservation des autres êtres.

Mais en même temps que nous participons à l'intelligence et à la volonté de Dieu, nous sommes des corps créés par lui. Malebranche appelle inclination naturelle tous les mouvements de notre âme qui viennent exclusivement de Dieu et passions les mouvements de l'àme, qui viennent également de Dieu, mais que l'âme ressent à l'occasion du corps. Les inclinations et les passions sont inséparables car elles viennent de Dieu, de même que les sens et l'imagination sont inséparables de l'entendement. « L'homme est un, quoique il soit composé de plusieurs parties... Les passions de l'àme sont des impressions de l'auteur de la nature, lesquelles nous inclinent à aimer notre corps et tout ce qui peut être utile à sa conservation, comme les inclinations naturelles sont des impressions de la nature, lesquelles nous portent principalement à aimer comme souverain bien et notre prochain sans rapport au

KANT ET LA MORALE CLASSIQUE

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Par le péché et la chute, l'homme est devenu l'esclave des passions, alors qu'auparavant il en étaitle maître. « L'homme avant le péché n'était point l'esclave mais le maître absolu de ses passions et il arrêtait sans peine par sa volonté l'agitation des esprits qui les causaient-. » Avant le péché, le corps sollicitait déjà l'homme de rechercher les choses propres à la conservation de sa vie. L'amour du corps n'est donc pas une corruption de la nature. Adam trouvait avant son péché « que les fruits sont agréables à la vue et délicats au goût ». Cette admirable économie, « si juste et si merveilleuse des sens et des passions pour la conservation du corps », est « la première institution de la nature^ ». La chute a eu pour effet de « changer Tunion de l'ame et du corps en dépendance, et de « nous détacher de Dieu ». Mais « cette chute n'a pas détruit l'ouvrage de Dieu... La grâce n'est pas contraire à la nature. L'une ne détruit pas l'autre, parce que Dieu ne combat pas contre lui-même... La volonté de Dieu qui fait l'ordre de la grâce est donc ajoutée à la

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