Principe de la nature et de la grâce, 1714, in fine
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lit
l'auteur de tout bien, se plaisant dans la considération de ses perfections, suivant la nature du pur amour véritable, qui fait prendre plaisir à la félicité de ceux qu'on aime. C'est ce qui fait travailler les personnes sages et vertueuses à tout ce qui paraît conforme à la volonté divine..., en reconnaissant que, si nous pouvions assez entendre Tordre de l'univers, nous trouverions qu'il dépasse tous les souhaits les plus sages..., si nous sommes attachés comme il le faut à l'auteur du tout, ... qui doit faire tout le but de notre volonté et peut seyl faire notre bonheur S). L'expression est plus embarrassée que celle de nos philosophes français, mais l'idée est la même. C'est sur ce mot de bonheur que se termine la Monadologie,
L'obligatioîï morale.
La tradition humaine tout entière s'accorde donc à fonder la moralité sur le bien conçu comme identique au bonheur. Il en résulte que l'obligation morale n'est pas un impératif catégorique, un fait premier de la raison, mais un fait dérivé et qui ne joue aucun rôle dans le principe même de la morale. Le rapport du bien à la volonté n'a jamais été conçu par aucun philosophe comme une contrainte du bien, ni comme une obéissance aveugle de la volonté, mais essentiellement comme une adhésion de l'esprit et du cœur. Le bien est ce qu'on désire au-dessus de tout ; le souverainement désirable ne peut être obligatoire. C'est bien ce que Kant a vu très nettement et c'est pour cela même qu'il a rejeté le bien comme principe moral, la morale étant essentiellement pour lui Vobéissance, sans motif ni mobile, à une loi impérative qui doit se sullire à elle-même et qui agit par contrainte sur la volonté.
C'est cette idée de contrainte, qui parmi les conceptions moraleb de Kant a eu la plus grande fortune dans les morales postérieures. C'est pratiquement la seule qui se soit maintenue dans la philosophie morale contemporaine; mais, comme je le montrerai', elle n'a pu rêtre qu'en y introduisant des inconséquences et de véritables contradictions.
Sans doute, toutes les morales reUgieuses sont fondées sur l'obéis-