‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 18 sur 312 · LE SECOND ET LE TROISIÈME PRINCIPES · texte numérisé non relu

LE SECOND ET LE TROISIÈME PRINCIPES

Pour le moment, il se contente de tirer de cette opposition une conséquence, qui présente son premier principe sous une forme nouvelle Si l'humanité dans l'homme est constituée uniquement par la faculté supérieure d'agir selon une loi universelle, cette humanité devra toujours être le but immédiat et exclusif de 1 action morale et jamais il ne sera permis d'en faire un moyen en vue d'une autre fin. D'où le second principe : « A^is toujours de manière à traiter riuimanité, aussi bien dans ta personne que dans la personne des autres, comme fin, et à ne tm servir jamais comme d'un simple moyen\ » Et pour l'expliquer, Kant reprend ses exemples • à regard de toi-même, si tu te suicides pour mettre fin à tes souffrances, tu sacrifies ta personne morale aux fins de ta personne empirique, tu te sers de ta personne morale comme d'un simple moyen pour conserver à ta personne empirique un état supportable; à regard des autres, si tu fais une promesse avec l'intention de ne pas la tenir, tu traites la personne morale de ton contractant comme un moyen pour satisfaire certains besoins de ta personne

empirique. ,

Telle est la portée de ce second principe, qui n'est pas a proprement parler, comme on le présente souvent, le devoir de respecter le voisin en vertu d'un sentiment de justice ; le sentiment de la justice est un sentiment, il appartient aussi à notre nature empirique ; nous verrons d'ailleurs que la justice ne figure pas parmi les devoirs dans la morale pratique de Kant^ Le sens de ce second principe est plus abstrait et concerne la personne même du sujet, au même titre que celle des autres: ne jamais agir en vue d'autre chose que de la loi nécessaire et universelle, qui constitue Hiumanité dans l'homme ; cette loi est la fin, la fin en soi, toute autre fin n'est qu'un moyen. Ce n'est qu'une autre forme du premier principe. Et la troisième forme, sous laquelle il le présente encore, n'est toujours qu'une répétition: « N'accomplis jamais une action que d'après une maxime telle que ta volonté puisse se considérer elle-

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