‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 19 sur 312 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Ainsi les trois fameux principes de la morale kantienne n'en font véritablement qu'un seul. En cherchant à passer d'un principe général à des applications plus concrètes, Kant s'est efforcé à rester parfaitement logique avec lui-même, mais il n'a pas avancé d'un pas. Il n'est pas sorti de l'universalité et de la non-contradiction, seuls critériums de sa théorie morale. D'une forme on ne peut tirer qu'une forme. Je ne rechercherai pas, pour le moment, comment une telle position du devoir rend en réalité impossible la position d'aucun devoir, ni si cette position répond au sentiment que la majorité des hommes s'est de tout temps formé de la valeur de la moralité. Ce qui importe d'abord c'est de bien comprendre la pensée de Kant, de bien voir comment son système et les tendances générales de son esprit lui imposaient inexorablement cette attitude, que toute autre voie lui était radicalement fermée. Ne pouvant, en vertu des principes de Vesthétique et de Vanalytique transcendanlalcs, fonder la morale sur le bien conçu comme réahté, ne pouvant se contenter d'un bien purement empirique et phénoménal, qui ne répondait pas au besoin d'absolu qui le possédait, ne pouvant pas non plus recourir à un principe transcendant, comme l'idée de Dieu, dont la dialectique transcendantale avait démontré l'impossihilité, il ne lui restait d'autre élément, pour constituer la morahté, que l'idée d'une forme, analogue à celles de la sensibilité et de fentendement, s'appliquant à une matière radicalement étrangère, et pour constituer cette forme, d'autres notions que celles de loi, d'universalité et de non-contradiction. C'est bien par la nécessité inhérente à son système, qu'il aboutit à la fin de la seconde partie dos Fondements de la métaphysique des mœurs à cette conclusion, qvu n'est toujours qu'une répétition des idées mêmes dont il est P^nli : « Toutes les maximes ont: i' une forme qui consiste dans universalité ; 2« une matière, c'est-à-dire une fin, un objet » ; toides les fins sont soit empiriques, soit rationnelles, elles ne sont

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