‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 182 sur 312 · Janet, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Janet, loc. cit., p

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ment la plus vigoureuse de Técole éclectique, devient flottante. Tantôt il retombe dans les mêmes diflicultés que ses prédécesseurs : « L'essence du bien est d'être obligatoire,... il est aussi essentiel d'être obligatoire au bien qu'à la ligne droite d'être le plus couil chemin d'un point à un autre' » ; mais alors le bien n'est pas ohli gatoire : il est nécessaire. Tantôt Janet revient à la tradition et il paraît reconnaître que ce n'est pas le bien qui oblige, mais la volonté agissant sur les inclinations contraires au bien qu'elle a accepté : « La volonté supérieure en tant qu'elle s'impose à rinférieure s'appelle obligation ^ » C'est à cette conception qu'il aurait du s'arrêter. Mais alors l'obligation n'est plus un caractère propre à Tidéc du bien; il faut expliquer pourquoi nous acceptons d'abord le bien avant de discipliner en nous les tendances qui s'y opposent; et si ce n'est pas par obligation que nous l'acceptons, c'est parce qu'il est une évidence de la raison, ou bien parce qu'il nous plaît de Taflirmer, parce que nous Taimons; c'est retomber dans les systèmes de Descartes, de Leibniz et des philosophes classiques, et il ne reste absolument plus rien du kantisme.

On voit que c'est par l'effort même qu'il a fait pour conserver l'une des idées premières du kantisme que l'éclectisme a échoué. Supprimez Kant et je ne vois plus aucune raison pour que Cousin, Jouffroy et Janet ne soient pas restés en morale dans la voie tracée par les grands philosophes de l'antiquité et des temps modernes. Ils ont voulu atténuer l'absurdité de Kant, mais ils en ont introduit en réalité une autre : l'identification du bien et de l'obliga tion, cette identification n'ayant de sens que si l'on identifie d'abord le bien avec la volonté d'un être supérieur qui nous l'ini pose.

En outre, par cette trop ingénieuse échappatoire, les éclectique? se sont mis en opposition formelle avec Kant. Pour Kant en elVet, nous l'avons vu, il l'a répété avec assez d'insistance, « le conce[)l du bien et du mal ne doit pas être déterminé avant la loi morale , à laquelle, d'après l'apparence, il devrait servir de fondcnienl, mais seulement après cette loi et par elle^ ». Et, d'autre part, h bien étant indissolublement lié au bonheur, le bien, même le bien

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