‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 184 sur 312 · Janet, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Janet, loc. cit., p

IvANT ET LES MORALES PHILOSOPHIQUES DU XIXo SIÈCLE 311)

parmi eux ceux qui ont célébré la plus sévère vertu, qui ont été des hédonistes; autuUj nous l'avons vu, n'a cherché à dissocier la vertu du bonheur, tous ont posé le problème moral comme l'avaient fait avant eux les anciens, comme l'ont fait après eux les philosophes du xviii* siècle.

La pensée des éclectiques n'est d'ailleurs pas sans oscillations sur ce point; lorsqu'elle se laisse guider par le bon sens, elle admet le rapprochement de la vertu et du bonheur et même de la vertu et de l'intérêt: « Je ne condamne pas l'intérêt bien entendu, je le légitime, au contraire, comme élément de l'ordre et j'en fais un devoir dans beaucoup de cas\ »

Mais ensuite JoulFroy exige qu'on ferme les yeux sur cette vérité, qu'on se conduise comme si on ne la connaissait pas. Singulière attitude à l'égard d'une vérité ! « Un intervalle immense, un abîme sépare les morales intéressées des morales désintéressées ^ » Il ne s^irrête pas là. Loin de reconnaître que, si on sacrifie un intérêt particulier, c'est à un intérêt supérieur qu'on le fait, il rejette toute idée .l'intérêt supérieur et repousse toute morale qui fait une place à Fintérêt universel lui-même. La morale chrétienne tout entière ne Irouve pas grâce devant lui, il la met au même rang que celle d'Kpicure, de llobbes et de Benlham. « La doctrine, qui conseille à riiomme d'être vertueux pour gagner les récompenses de l'autre vie,... est une forme de l'égoïsme et ne dillère delà précédente que j)our être plus grossièrement intéressée ; les partisans... en sont les henthamistes de la vertu \ » Janet ne s'exprime pas autrement: « Il est certain que la loi morale nous ordonne de ne pas rechercher le bonheur... Il ne faut pas dire qu'elle ne nous ordonne de fuir un faux bonheur que pour nous en procurer un vrai... Ce qui est certam, c'est que la loi morale ne contient aucune promesse de bonheur... C'est une loi de sacrifice. Il est de l'essence de la loi que l'agent moral, au moment où il l'accomplit, n'ait pas à songer au bonheur et soit même tenu d'en écarter l'idée'. »

<^e serait nous laisser entraîner trop loin que de rechercher toutes les inconséquences que le kantisme a ainsi introduites dans

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