I. JouflVoy, loc. cit., t. J, p. f^q
;;• Ibid., p. 5i. * ^
•). Ibid., p. 4oo.
\- Janot, lor. cit., p. 58i.
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l'éclectisme; mais ces dernières citations de Jouffroy et de Janet nous invitent à dire quelques mots d'une question fort importante, qui avait été très bien posée par l'antiquité et par nos philosophes classiques, ainsi que parla religion, et que Péclcctisme, après Kant et avec Kant, n'a fait qu'obscurcir : celle de la sanction morale. L'attitude des éclectiques sur ce point est des plus singulières; c'est une nouvelle occasion pour eux d'introduire dans leur morale une contradiction.
La SANCTION MORALE.
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La sanction, dans toutes les morales philosophiques antérieures à celle de Kant, est que, si nous ne pratiquons pas la vertu, nous perdons tous les biens qu'elle nous fait acquérir. Cette idée est très claire et purement rationnelle. Pour les éclectiques, comme pour Kant, elle est inacceptable ; elle est, en elTet, une notion « utilitaire » et toute apparence même d'utilité doit être impitoyablement bannie de la morale.
D'autre part, ils ont emprunté avec Kant à un christianisme exagéré l'idée que la nature est essentiellement mauvaise. Par suite, ce n'est pas en raison de Tordre, de l'harmonie, de la bonté, qu'elle répand dans le monde, que la vertu est bonne, car le monde reste radicalement mauvais. C'est le mal qui est pour eux la condition même du bien; car, si la nature n'était pas mauvaise, il n'y aurait pas de mérite à être vertueux! Voilà l'étrange pessimisme dont Kant a donné la première formule et dont Schopenhauer el de Hartmann ont tiré les véritables conséquences. Jouffroy l'exprime de la façon suivante : « La vie actuelle est éminemment bonne, parce qu'elle est éminemment mauvaise. Sa bonté est dans le mal qu'elle contient; car au prix de ce mal est la moralité, la personnalités »
On croit rêver devant de telles insanités. Il en est cependant ainsi, et c'est par cette voie qu'on arrive à l'idée de sanction. La vie étant absolument mauvaise et la vertu absolument bonne, la vertu ne peut avoir sa source que dans un autre monde et il n'y a qu'une sanction possible : celle de la vie future.