‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 216 sur 312 · Jachmann, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Jachmann, loc. cit., p

S. Borowski, loc. cit., p. 42.

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ne peut s'assortir qu'avec un gilet jaune \ C'est le seul point où son esprit paraît avoir eu quelque initiative dans le domaine du goût! D'une façon générale, nous dit Jachmann, resthéllque de Kant se réduisait au sentiment o: de ce qui convient », du « comme il faut » et à celui de la décence, « Schicklichkeii und Decenz », et « il s'appliquait à en donner l'impression en toute chose. »

Mais il faut s'entendre. Ces braves biographes, après tout ce qu'ils nous disent sur son manque d'esthétique, ne nous en vantent pas moins plusieurs fois avec candeur son bon goût, son raffinement, ainsi que la distinction de sa tenue dans la société. Un si grand homme ne peut avoir eu qu'une extrême finesse, cela va de soi; mais c'est sans doute une fmesse à Tallemande. Quelques détails donnés accidentellement, sans malice, achèvent de nous édifier. Afin de nous bien convaincre de son absence de toute prétention, ils nous racontent, par exemple, qu'il ne tarissait pas, dans le monde, sur ses petites incommodités physiques, « à propos desquelles il fournissait des explications savantes et pénétrantes » (sic), et que d'après lui on pouvait, dans la meilleure société, sentretenir de ses « indispositions naturelles, — ziim Beispiel uber Hamorrhoïden — sans passer pour déplacé- ». Nous apprenons aussi, et ce bon Jachmann n'en est pas autrement choqué, comment Kant se comportait à table : « das meiste Fleisch zer haute cr bloss, so(j den Saft ans und lecjte das iibrûjeauf den Teller zurilck ; cr suchte dies zwar durch Brotkrusten zu bedecken, aber vermied dadurch nicht allen Uebelstand\ » Je le crois ! Ce détail nous fixe tout à fait sur la distinction des manières de Kant et sur sa façon délicate de palher ses manquements à la bonne éducation.

Nous avons un autre témoignage sur le sentiment esthétique de Kant : c'est son style. Aucun écrivain, dans aucune langue, pas même en allemand, n'adonné d'exemple d'un tel jargon, embarrassé, pesant, heurté et rocailleux, hérissé de termes abstraits, incapable d'exprimer avec quelque netteté les idées les plus snnpies, surchargé de parenthèses et d'incidentes qui s'enchevêtrent les unes dans les autres, non pour préciser mais pour obscurcir encore une pensée déjà fort enveloppée. J'en ai donné un grand

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