Jachmann, loc. cit., p
4. Il portait un grand respect à sa mère, mais il l'avait perdue à l'âge de i3 ans, voir plus bas, p. 389 et 387-390..
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6. L'AUTOMATISME DE SA VIE INTELLECTUELLE. KANT ET LES SCIENCES EXPÉI\IMENTALES
Mais rautomatisme de la vie de Kant se traduit encore d'une autre manière, qu'on ne met généralement pas en évidence et qui est cependant capitale pour rexplication de son œuvre. J^arce que Kant a beaucoup lu, parce qu'il a touché a des sujets assez divers, il passe, sinon pour un inventeur, du mains pour un érudit et un savant. Hien n'est plus inexact. La science n'est pas une connaissance superficielle de quelques laits, puisée dans des lectures plus ou moins hâtives. Elle est une longue et patiente application, une méthode, par lesquelles on acquiert une technique et un sens particulier des choses qu'on étudie. Les grands philosophes et les philosophes de second rang du xviii* siècle étaient en même temps des savants : physiologistes, médecins, juristes ou géomètres. Kant n'est un savant à aucun titre. Sa méthode, telle que nous l'avons étudiée en détail dans son œuvre morale et juridique, consiste à dérouler une succession de concepts abstraits, élaborés en dehors de toute expérience, et à en remplir les cadres par une matière empruntée sans critique à des sources les plus différentes. Elle tient bien davantage d'une sorte d'automatisme de l'esprit fonctionnant à vide que de la discipline scientifique, qui est un effort d'adaptation à la réalité.
Les biographes de Kant nous donnent à ce sujet des indications précieuses. « Ce qui est certain, dit Jachmann, son élève, c'est que Kant a étudié à fond les humanités (il nous a expliqué, nous l'avons vu, qu'il était très faible en latin!), mais qu'il ne s'est adonné à aucune science positive (dass er sich keiner positiven Wissenschaft ividmeté)^y). Il avait plus de soixante ans lorsqu'il se mit à la chimie et l'étudia avec zèle. Il était devenu si savant, « d possédait si bien toute la nomenclature et la marche de toutes les expériences, qu'un jour à sa table, dans une conversation sur lachimie, le grand chimiste Ilagen s'écria, plein d'admiration : Il est inconcevable que, sans l'aide de l'expérience et uniquement par la lecture, il soit possible d'acquérir à ce point une connaissance parfaite de la chimie ^ »