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L'EGOiSME DANS LA VIE DE KANT

Ce manque de générosité, de sympathie et de bonté, l'égoïsme et l'insensibilité sont tout particulièrement propres au tempérament intellectuel et moral de Kant. Le mécanisme de sa vie et de sa pensée l'a déjà montré amplement, mais nous en avons d'autres témoignages plus précis.

On ne trouve pas dans sa vie un seul trait de dévouement ni de générosité. Il ne s'est jamais consacré à personne ni à aucune cause. Nous avons vu son attitude au point de vue politique, son abstention prudente dans toutes les questions intérieures et extétérieures qui se posaient autour de lui. Il s'est désintéressé de sa famille, il n'est venu sérieusement en aide à aucun de ses élèves, ni aucun de ses disciples ; on sait l'accueil qu'il a réservé au plus grand d'entre eux, à Fichte*. Tout cela n'est pas accidentel, mais tient à des dispositions fondamentales.

Ses biographes sont en effet unanimes pour nous dire qu'il n'a jamais connu aucun sentiment expansif. « Son humeur restait toujours égale et ne sortait pas de l'uniformité », dit Jachmann *. « Aucune passion ne l'a jamais distrait, aucun chagrin ne l'a jamais empêché de dormir, aucune douleur ne l'a jamais éveillé », affirme Wasianski ^

Sa préoccupation dominante était celle de sa santé physique. Borowski, Jachmann et Wasianski y reviennent à plusieurs reprises. « Il n'y a peut-être jamais eu un homme, déclare Jachmann, qui ait pris un soin plus méticuleux de son corps et de tout ce qui le concerne^. » « La préoccupation de son corps et de ses fonctions était constante, répète Borowski ; c'est pourquoi il s'entretenait si volontiers avec les autres sur les moyens de le conserver en bon état ^. »

Célibataire, il n'a connu aucune attache du cœur. Borowski fait allusion à des inclinations passagères qu'il aurait éprouvées dans sa jeunesse, mais auxquelles il ne voulut pas se laisser aller ; il

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