I. Loc. cit., p. liJS-i^g
KANT ET LA MENTALITÉ PRUSSIENNE
trouvait que péniblement dans l'usage normal des idées et des sentiments, il était indispensable qu'il évitât d'avoir à les vérifier, qu'il les mît à l'abri et au-dessus de toute critique, qu'il leur conférât une immuabilité absolue. Ici Jachmann ne nous dit pas quel principe de logique Kant invoqua pour fonder sa maxime ; mais ce qui est évident c'est que la crainte, très caractéristique de sa nature, et le trouble engendré par le dérangement de ses petites habitudes, la provoquèrent. Dans sa systématisation morale, nous suivons au contraire tout au long ses pseudo-raisonnements, sans toujours apercevoir le mobile secret qui les détermine. Mais dans les deux cas le mécanisme est le même.
N avais-je pas raison de dire que la lecture des biographies de Kant est encore plus instructive que celle de la Critique de la raison pure pour nous faire comprendre sa systématisation morale ?