‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 242 sur 312 · Borowski, loc. cit., p · texte numérisé non relu

Borowski, loc. cit., p

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vaise humeur et le plus sérieusement du monde, il faudra qu'on attende, pour rendre justice et châtier leur coupable insolence, que j*en devienne malade ou que j'en meure I ^ »

Ce qui est plus important, sinon plus caractéristique, c'est son attitude à l'égard de ses amis et de ses élèves, telle qu'elle apparaît dans la correspondance où Reicke a réuni les lettres qu'on lui adressait avec celles qu'il a écrites lui-même. Que ses amis l'entretiennent de leurs affaires ou de leur santé, qu'un disciple lui exprime une théorie, notre philosophe ne voit jamais dans ce qu'on lui dit que ce qui se rapporte à lui-même. Bien mieux : que sur un point quelconque, le correspondant ose manifester un avis différent du sien, Kant ne le connaît plus. L'un d'eux, dans un compte rendu, a ajouté quelques réserves à ses louanges, un autre a voulu compléter quelques-unes des idées du maître. Kiesewetler, son élève préféré, qui corrigeait ses épreuves, qui faisait ses courses et lui envoyait des fruits et des légumes dont il se régalait volontiers, eut, un jour, l'audace de puhher, chez le même éditeur que Kant, un travail de logique de son invention. Kant le considère aussitôt comme un concurrent. Il le raye de la liste de ses amis, il ne le connaît plus pendant deux ans. Quand le disciple revient humblement se rappeler à lui, Kant lui répond sèchement en traitant d' « honorable Monsieur » celui qu'il désignait quelques années auparavant comme son « bien cher ami » et son « très cher enfant ». Ni Kiesewetter, ni Mendelssohn, ni Ch. Reinhold, ni J. Sigismond, ni le philosophe Maimon ne sont jamais parvenus à obtenir qu'il composât avec eux et que leurs idées comptassent le moins du monde pour lui ', Il n'y a pas heu de penser que ces préoccupations exclusives aient été limitées à sa correspondance ; elles devaient être une habitude de sa vie, qui répond tout à fait à ce que nous avons vu de son caractère.

L'accueil qu'il fit à Fichte n'a pas d'autre cause que le dédain qu'il avait pour tout ce qui n'était pas lui-même et la crainte d'une concurrence dangereuse.Green,Wobser,Motherby,Ruffmann étaient

de riches commerçants ou des personnages influents, qui pouvaient servir sa gloire ou même ses intérêts ; leur amitié, en tout cas, ne

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