‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 251 sur 312 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

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4t4 LA POSITION DE LA MORALE KANTIENNE DANS L'HISTOIRE

de faire connaître ce qu'il pense réellement à ceux dont il a la charge, mais il pourra le publier comme savant. . . , quitte sans doute à se rétracter ensuite, ou tout au moins à envelopper sa pensée dans un tissu de distinctions si subtiles qu'il soit impossible de savoir si c'est d'un usage public ou privé de la raison qu'il s'agit! On ne s'étonnera pas, après cela, que Kant ait trouvé un accueil si bienveillant auprès de plusieurs de nos « modernistes ». Lorsque d'ailleurs il enseignait et publiait lui-même ses idées sur la religion, puis quand il cessa de le faire et en atténua la portée, enfin quand il reprit sa liberté, était-ce en tant que professeur ou en tant que savant ? Fai§ait-il usage de sa raison publique ou de sa raison privée, s'adressait-il « au public proprement dit », comme « professeur populaire » (Volkslehrer), ou comme « maître de la jeunesse » (^Lehrer der Jmjend)^ s'adressait-il au contraire à des « savants de faculté » (^Facultatsgelehrten)\ ou encore à la personne de Frédéric- Guillaume II ou à celle de son successeur, « en tant que fidèle sujet de Sa Majesté » .^

On voit que, dans toutes les matières oij l'autorité peut être mise enjeu, c'est une théorie et une pratique complètes et achevées de la casuistique et de la sophistique que Kant nous a présentées.

Il n'en est pas autrement de ses croyances religieuses. La Critique de la raison pure l'avait amené à nier par un grand luxe d'arguments la possibilité pour la raison d'affirmer l'existence de Dieu. La Critique de la raison pratique a rétabli cette existence dans les conditions que nous connaissons. Mais la correspondance de Kant et ses biographies nous donnent des preuves abondantes que sa subtile conciliation n'était bien au fond qu'une justification : Kant, nous affirment ses biographes, n'a jamais cessé à aucun moment « de

croire à Texistence d'uji être suprême^ », et d'y croire comme

tous ceux qui y croient. « Que de fois, nous dit Jachmann, Kant ne s'est-il pas laissé aller, lorsqu'il parlait avec ses amis de l'édifi* c de l'univers, à admirer avec la plus vive sincérité la sagesse de Dieu, sa bonté et sa puissance, que de foi^ il nous a parlé de la félicité d'une vie meilleure et s'est exprimé là-dessus avec l'accent d'une conviction intime si absolue... que, non seulement il devait

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