‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 26 sur 312 · Ibid., p. SA · texte numérisé non relu

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LA <:ritique de la raison pratique 69

sans aucune raison que de la déterminer et par lequel la volonté se détermine directement elle-même, voilà un principe idéal : rien ne pourra le mettre en question, par définition même. C'est ce qu'il lui faut. C'est ce que Kant appelle un principe formel, qui n'agit que par sa forme de principe, sans égard à son contenu, ou impératif catégorique, un principe qui s'impose à la volonté comme les catégories a priori à l'entendement.

Prenons, par exemple, le principe : sois bon pour ton prochain. Si c'est par amour pour ton prochain, ou en vertu d'un ordre Idéal de bonté conçu comme désirable, tu agiras en vue de satisfaire ce sentiment ou de réaliser cet ordre. C'est un impératif hypothétique. Mais si tu es bon pour ton prochain uniquement pour te conformer à ce principe « qu'être bon est une loi générale », la loi générale détermine directement ta volonté, abstraction faite de son contenu ; cette loi sera un impératif catégorique, c'est-à-dire un impératif qui commande immédiatement sans aucune considération d'aucune sorte. Cela simphfie beaucoup les choses.

Généralisons : « Si d'un principe on enlève tout objet, toute matière, il ne restera que la simple forme d'une législation universelle ^ » Ce n'est pas beaucoup, mais c'est tout, car il n'y a plus de discussion possible ; d'où la fameuse formule :

« Agis de telle façon que la maxime de ta volonté puisse toujours valoir, en même temps, comme principe de législation universelle^ »

Telle est la loi fondamentale et unique de la raison pratique, la condition nécessaire et suffisante de la moralité. Nous avons rejoint le principe dégagé par analyse dans les Fondements de la métaphysique des mœurs.

En réalité, tous ces raisonnements sont assez artificiels. Kant est parti du désir de déterminer la volonté par une loi unique a priori, universelle et nécessaire. Nous l'avons vu par ses premiers mots. Il s'est, dans la suite, contenté d'écarter tout ce qui pouvait porter atteinte à ces caractères : tout ce qui peut procéder de rexpérierice.

On trouve souvent ce premier exposé assez confus ' ; il m'appa-

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