‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 260 sur 312 · Ibid., p. aoo · texte numérisé non relu

Ibid., p. aoo

3. Ibid., p. ig(). Dans ses Remarques explicatives, il pousse la rigueur du principe jusqu'à exiger pour les crimes de viol et de pédérastie, la peine de la castration! (Ibid., p. 248).

meure. Il n'y a pas ici de commutation de peine qui puisse satisfaire la justice^ » Kant combat (3xpressément la théorie de Beccaria qui « par un faux sentiment d'humanité déclarait injuste la peine de mort ». Mais il est pris d'un scrupule. La différence des conditions sociales lui paraît faire obstacle à l'application stricte de la loi du talion, qui revêt cependant tout l'absolutisme de l'impératif catégorique. « Il semble à la vérité que la différence des conditions ne permette pas l'application du principe du talion d'égal à égal". » Sa pensée est assez fuyante sur ce point, comme elle l'est toujours lorsqu'elle aborde une question imprudente. S'agit-il d'une impossibilité matérielle ou du respect qu'on doit à un supérieur hiérarchique? La réponse n'est pas douteuse. Un noble ne peut pas être traité pénalement comme un roturier. Cette distinction captieuse est bien dans le caractère et dans la logique de Kant. II nous dit d'ailleurs que' le souverain est au-dessus de toute punition : « Le chef de l'État ne peut pas être puni\ » C'est le premier principe de son droit pénal politique. Et c'est encore une restriction à l'impératif catégorique de la loi du talion.

Pour ceux que ne garantit pas le privilège du pouvoir : « il n'y a d'autre moyen d'appliquer au crime la loi du talion que d'infliger juridiquement la mort au criminel. Je dis plus : si la société civile se dissolvait du consentement de tous ses membres, si, par exemple, un peuple habitant une île se décidait à se séparer et à se disperser dans un autre monde, le dernier criminel qui se trouverait en prison devrait d'abord être exécuté, afin que chacun portât la peine de sa conduite et que le sang versé ne retombât point sur le

peuple qui n'aurait pas réclamé cette punition Cette sentence

de mort est le seul moyen de punir tous les criminels d'une manière proportionnelle à leur méchanceté intérieurey même dans le cas on il ne s'agirait pas d'un meurtre, mais de tout autre crime d'État

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