‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 261 sur 312 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

3. Ibid., p. 199. Kant condamne la noblesse héréditaire, il ne faudrait pas so hâter de conclure qu'il condamne les privilèges politiques et sociaux : il admol les dignités conférées par le monarque et il garantit les privilèges de Ja nobless«>. héréditaire existante, en stipulant qu'elle ne doit disparaître que par l'extinction des familles. C'était l'essentiel pour les hobereaux parmi lesquels il vivait I Le respect absolu de l'ordre existant était d'ailleurs assuré dans son système par des principes fondamentaux et catégoriques. Kant conciliait ainsi, une fois de plus, les idées féodales prussiennes et les idées libérales françaises.

KANT ET LA MENTALITÉ PRUSSIENNE

que la mort seule peut racheter K » Et nous trouvons toute la dureté et la barbarie de TAllemagne contemporaine dans la condamnation que notre inexorable moraliste prononce contre ce qu'il appelle « la sensiblerie d'une humanité affectée, die theilnehmende Enipjindelei einer affectirten Humanitat^. » On croirait entendre un officier de Guillaume IL

Ces idées de faute, de déchéance, de punition, de méchanceté intérieure, de rachat, de sang qui retombe sur le peuple (parce qu'il n'a pas été versé), sont les idées religieuses les plus primitives qui se soient fait jour dans l'humanité. L'expression que Kant en donne dans sa Métaphysique du droit n'est pas accidentelle. Elle répond à un sentiment profond qui est, nous le voyons très clairement aujourd'hui, essentiellement germanique. La conscience morale de Kant ne s'est pas dégagée, comme celle de l'humanisme et de la civilisation gréco-latine, des formes premières de la pensée magicoreligieuse; elle ne s'est pas élevée à la véritable notion de la justice et du droit; elle ne s'est pas assimilée les emprunts qu'elle a faits. Ces conceptions primitives de la faute et du châtiment, alliées à la dureté du cœur qui est si caractéristique de la nature de Kant, à sa théorie mystique du devoir et à sa manie de raisonner, sont extrêmement dangereuses et aptes à justifier tous les excès.

C'est l'impératif catégorique a priori, absolu, arbitraire, qui leur confère leur force redoutable. Cet impératif a des affinités très étroites avec l'intolérance et la force brutale et, comme je l'ai dit, aucune notion n'est plus facile à mobiliser en faveur de toutes les causes. Le devoir de Kant, il importe de le répéter, est une affirmation pure et simple ; aucun sentiment, aucune considération ne peuvent et ne doivent le faire fléchir. Il est au-dessus de tout contrôle. Il se suffit à lui-même. Il définit « la bonne volonté ». Il a les plus grandes affinités avec le « vieux Dieu ». Pour qu'un acte soit moral, licite et juste, il suffit qu'il ait été accompli dans une « bonne » intention ; c'est cette intention seule qui le justifie et une intention est bonne, comme nous l'expliquent les Fondements de la Métaphysique des mœurs, dès qu'elle peut être généralisée sans contradiction''. Aucune conséquence ne peut prévaloir contre elle;

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