‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 30 sur 312 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

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une part, la volonté du monde des phénomènes, où elle est engagée lorsqu'elle agit en vertu de mobiles ou de motifs, et à la considérer comme appartenant au monde des noumènes, lorsqu'elle se détermine exclusivement par la forme de la loi. Ce monde des noumènes, dont tout accès nous est interdit par la raison, nous allons pouvoir nous y introduire par la volonté. Voilà vers quoi tend la pensée de Kant, lorsqu'il présente les simples définitions, en apparence inoffensives, d'autonomie, d'hétéronomie et de liberté; il s'en tient pour le moment à l'affirmation gratuite que liberté est synonyme d'autonomie ; il arrivera bientôt à cette affirmation beaucoup plus difficile à accepter dans son système, que, par cette liberté, nous faisons partie d'un ordre de choses que toute raison humaine est radicalement incapable par elle-même de concevoir.

Notre vocabulaire s'est en tout cas enrichi de deux mots nouveaux, qui vont servir de pierres d'attente aux constructions de la

dialectique.

Ici s'achève ce que Kant appelle Vexposition des principes de la raison pratique. Il passe maintenant, comme il l'a fait dans la Critique de la raison pure, à ce qu'il appelle leur déduction, c'est-à-dire (( la justification de leur valeur objective et universelle* ». La symétrie se poursuit rigoureusement. Après avoir posé, par une sorte de jugement synthétique a priori de la raison pratique, le principe de cette raison, il en cherche les conséquences en étudiant, d'une part, les concepts de la raison pratique, le bien et le mal, et, de l'autre, ses mobiles, les sentiments. Ces deux chapitres, qui terminent Vanalytique, sont intéressants, car ils précisent bien l'opposition radicale qu'il y a, pour Kant, entre l'action accomplie en vertu d'une loi et celle qui ne l'est qu'en vertu d'idées et de sentiments, et ils nous permettent de bien caractériser, d'après ses propres affirmations, la révolution qu'il a voulu opérer dans la conception de la moralité.

Les philosophes, nous dit-il d'abord, qui ont voulu fonder la moralité sur les idées de bien et de mal se sont radicalement

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