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4. Je définis la religion comme un ensemble de notions et de pratiques à l'égard d'esprits conçus comme des personnes, dont est censé dépendre en tout ou partie le cours des choses et avec lesquels on se met en rapport par des rites.
existe entre l'entendement et ses lois également formelles et non contradictoires. Ici j'avais besoin pour fonder la science de la nécessité; là j'ai besoin pour fonder la morale de la liberté : il n'y a pas autre chose. C'eût été plus clair et aussi plus sincère. Mais Kant n'a pas su rester sincère avec lui-même. Il lui fallait présenter sa théorie sous les apparences du rationalisme. lia résisté jusqu'à la fin de V analytique ; à la faveur de l'idée de forme universelle et nécessaire, empruntée à la science de Newton et qui est rationaliste, il a introduit la forme de la loi morale et satisfait ainsi les exigences de sa raison. Mais la réalité morale ne se pliait pas complètement à ces exigences ; il n'a pas voulu nous Favouer, ni se l'avouer, il a continué à raisonner; il a bien fallu, à un moment donné, que, subrepticement, en le dissimulant sous l'avalanche des définitions et des apparences compliquées d'une logique rigoureuse, il fit rentrer dans le système ce qu'il en avait d'abord éliminé ; sa raison lui a joué le tour de lui cacher le moment précis où elle passait la main à la foi. Oh I il ne l'appellera pas proprement une foi ; il conservera les termes du rationaUsme ; la hberté sera, il nous le dira plus loin, un postulat \
Puis il reprend le cours de ses déductions en apparence rigoureuses. La liberté ne trouvant pas place dans le monde des phénomènes, oii tout est lié par le déterminisme, il faut de toute nécessité la mettre à l'abri de ce monde, dont elle contredit le principe et qui risque d'en altérer la pureté, la reléguer dans un monde à part, qui ne ressortît à aucune loi du monde sensible.
Et nous arrivons ainsi à cette notion curieuse, tout à fait nouvelle et paradoxale, de la liberté : lorsque l'homme accomplit une action quelconque qui n'est pas morale au sens kantien, c'est-à-dire, qui n'est pas inspirée exclusivement par la loi formelle de sa volonté, lorsque, par exemple, un artiste crée une œuvre d'art par sentiment de la beauté ou par pouvoir créateur, lorsqu'un saint Vincent de Paul secourt son prochain par simple amour pour lui, lorsqu'un technicien fabrique un objet dans une matière par utihté ou par génie, qu'un croyant s'agenouille devant son Dieu dans un sentiment de soumission et d'adoration, lorsque Kant dresse lui-même l'édifice de sa Critique de la raison pure pour satisfaire aux besoins