‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 47 sur 312 · Ibid., p · texte numérisé non relu

Ibid., p

1000 tnnT''^''^" ^- A'a«/ dans Revue des cours et conjérences, neuvième année, Ï900-1901, deuxième série, Pans, 1901, p. 790.

■ MMIP I ^" "< "'JiwStk- **

iïS^

claire. Comment un objet qui est impossible pour chacune des deux raisons séparément deviendrait-il nécessaire à l'égard de leur synthèse? C'est inintelligible. C'est encore une solution purement verbale.

.0. COMMENT KANT A ÉTÉ ACCLLÉ A CKS CONTRADICTIONS

Non la vérité est ailleurs. Deux préoccupations ont guidé Kant dans l'établissement de sa morale. L'une était de fonder la morale comme la science sur des principes universels et nécessaires ; c est le travail, l'effort de toute sa pensée depuis 1770, l'œuvre du philosophe rationaliste ne^vtonien. Mais simultanément, alors même aue dans la Critique de la raison pure, il s'acharnait à détruire la valeur de toutes les preuves possibles de l'existence de Dieu, il y croyait toujours. Il n'a jamais renoncé à ses croyances religieuses . La théologie ne cesse, en effet, de le préoccuper jusqu en 1770. De 1770 ;> 1788, il s'absorbe dans son rationalisme. Mais il espère touiours -concilier ses croyances avec les exigences de sa raison En 1700, dans sa troisième critique: la Critique de la j acuité de iuaer il cherche 5 rapprocher sa philosophie mécaniste du finalisme, dont Wolff l'a nourri et dont les affinités sont très grandes avec lacrovance religieuse. Après avoir tenté ainsi de sauver du naufrage les premières tendances philosophiques de sa jeunesse, il cherche bientôt à sauver, à leur tour, celles qu'ont développées en lui ses premiers maîtres piélistes, et il aboutit en 1793, dans sa quatrième critique, la Religion dans les limites de la simple raison (le titre est bien significatif de son désir de conciliation), à une véritable doctrine du salut, qui restaure presque intégralement tous les doffmes du protestantisme luthérien.

La dialectique de la raison pratique n'est pas autre chose qu une transition entre le rationalisme newtonien, qui a triomphé presque complètement dans la seconde partie de sa vie, et une prédommance de plus en plus accentuée des préoccupations religieuses, qui remplissent la dernière et qui, sans renier les conclusions de l^CrUujue de la raison pure, s'efforcent à se concilier avec elles. Ce. besom de conciliation, qui s'empare de lui après qu'il a tout fait pour

Page 1