II. CONCLUSIONS SUR LES POSTULATS DE LA RAISON PRATIQUE
L'immortalité de l'âme et l'existence de Dieu, ainsi que le souverain bien dont elles dérivent, ne sont pas, nous dit Kant à la fin de la dialectique, des objets de connaissance, « ils n'élargissent pas la connaissance spéculative, ce ne sont pas des dogmes théoriques, mais des hypothèses » et il ajoute : « des hypothèses dans un point de vue nécessairement pratique*... C'est un principe de décision d'une autre espèce, qui entre enjeu, pour faire pencher la balance dans l'incertitude de la raison spéculative-. »
Kant a bien vu la difficulté, car il consacre tout un chapitre à se demander : a Comment il est possible de concevoir une extension de la raison pure au point de vue pratique, qui ne soit pas accompagné d'une extension de sa connaissance comme raison •spéculative '. »
Une connaissance, qui n'est pas une connaissance, tout en en étant une, une réalité, qui n'existe pas pour la pensée, mais qui existe pratiquement, sans être non plus une intuition, ni un sentiment, ni une croyance: voilà ce qu'il faut faire comprendre. Et il arrive à cette formule bizarre : « Par conséquent, s'il n'y a aucune extension de la connaissance par rapport à des objets suprasensibles donnés, il y a cependant une extension de la raison théorique et de sa connaissance, relativement au suprasensible en général, en tant que la raison est forcée d'admettre qu il y a de tels objets, quoiqu'elle ne puisse les déterminer de plus près, ni par conséquent étendre cette connaissance des objets... Donc à l'égard de cet accroissement, la raison pure théorique, pour laquelle ces idées sont transcendantes et sans objet, doit exclusivement remercier (verdanken) son pouvoir pur pratique\ »
Ces objets suprasensibles ne sont donc toujours pas des objets de la pensée pure théorique ; c'est un devoir d'y croire pour la raison pratique et cependant « une croyance qui est commandée