Ibid., ch. Vu, p. 2^3 et sniv
4. Ibid., p. 2^5-246. La forme est aussi barbare dans le texte allemand, qui est scrupuleusement reproduit.
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est un non-sens (JJnding) * ». Ce n'est pas non plus une intuition qui nous les fait atteindre, ni encore moins un sentiment ; car un sentiment, engagé tout entier dans le monde des phénomènes, ne peut pas nous en faire sortir. Qu'est-ce alors que ces fameux postulats P Et quelle est leur portée ? Ils sont en réalité complètement inintelligibles. Ce n'est toujours qu'une solution verbale. Nous savons, en effet, ce qu'est un postulat de la raison théorique. C'est un jugement par lequel nous lions entre eux des termes qui ne s'impliquent pas mutuellement, sans que l'expérience ou la raison démontrent positivement cette liaison : par un point on ne peut mener qu'une seule parallèle à une droite, voilà le postulat d'Euclide. Nous ne connaissons aucun principe dont cette affirmation soit une conséquence ; l'expérience y est certainement pour beaucoup ; elle ne l'explique cependant pas complètement, car aucune expérience ne permettra de la vérifier exactement. Mais nous n'éprouvons pas de difficulté à effectuer cette liaison et aucune des conséquences que nous en tirons n'aboutit jamais à une contradiction. D'autre part ces postulats sont féconds dans le développement des démarches de l'esprit. Tels sont les caractères des
vrais postulats.
Il n'en est pas de même des postulats de la raison pratique dans le système de Kant. Le jugement : Dieu existe en dehors de l'esprit, s'oppose à l'une des conclusions essentielles de la critique de la raison pure, d'après laquelle nous ne pouvons rien concevoir, ni affirmer comme réel en dehors des intuitions des sens et des catégories de l'esprit. Il a pour conséquence nécessaire qu'il existe au moins une idée qui ne soit pas une simple forme et que, par suite, la pensée peut sortir de ses formes, ce qui est en contradiction avec les prémisses. —
Mais, répond Kant, ce n'est pas par la pensée théorique que nous sortonsde nous-mêmes, c'est par la pensée pratique. Qu'est-ce qu'une pensée pratique, qui n'est pas de même nature que la pensée théorique et qui nous permet de nous y opposer ? Si la pensée pratique peut agir sur la pensée théorique, il n'y a aucune raison de s'en tenir là et ne pas tirer toutes les conséquences des affirmations de la pensée pratique ; c'est tout l'édifice de la pensée théon-