‹ Morale Kantienne et morale humaine [microform]Chapitre 53 sur 312 · I. Marcel Hébert, loc. cit., p · texte numérisé non relu

I. Marcel Hébert, loc. cit., p

un vaste ensemble. Kant, ici encore, a renversé les termes du problème. Le monde qu'il a conçu n'a pas besoin de Dieu, il se suffit à lui-même dans Tenchaînement rigoureux de son déterminisme. Dieu n'a plus qu'un seul objet et une unique occupation : s'employer à changer dans l'ordre des choses ce qui est nécessaire pour que le bonheur des hommes (qui pensent comme Kant) se

rapproche de leur vertu.

Quelle conception singulière et étriquée ! C'est le moralisme théologique dans toute son étroitesse et toute sa pauvreté. Si vraiment l'existence de Dieu est utile, pour la pratique comme pour la pensée, elle doit être conçue avec plus de grandeur et plus d'élévation. Si Dieu doit servir à quelque chose, c'est pour expliquer le monde dans son inépuisable richesse et sa beauté, pour couronner ou supporter tout l'édifice de la nature, de la science et de la pensée, pour ramener la conception du monde à cette unité dont certains esprits éprouvent l'impérieux besoin. Sinon, il vaut vraiment mieux s'en passer*.

I. Qu'on me permette une formule plaisante : le Dieu èlhxqxxe de Kant n'est qu'un Dieu éliqixe / Il y a même quelque chose de pénible qui froisse notre sensibilité et notre pensée, héritières d'un si long passé religieux, dans ce concept dépouillé, appauvri, et, en réalité, honteux.

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