LA PERFECTION DE SOI-MÊME ET LE BOxNHEUR D'AUTRUI
Ces fins, nous dit d'abord Kant, sont d'une façon très générale : « la perfection de soi-même et le bonheur d'autrui ». Ces fins, fort élevées assurément, sont empruntées par Kant à la morale chrétienne, dont elles résument les vertus. Mais ce qui nous intéresse c'est de savoir comment Kant procède pour les établir et les justifier dans son système. 11 est évident que ces fins peuvent être généralisées sans contradiction. Elles peuvent donc être des fins morales. Mais pourquoi doivent-ç\\Q?i être poursuivies ?
Les explications de Kant sont très vagues et très décevantes sur ce point essentiel.
Prenons la perfection. Il est certain qu'en cherchant la perfection de nous-même, nous agissons « selon une maxime dont chacun peut se proposer la fin suivant une loi générale » . Mais pourquoi est-ce un devoir de la rechercher ?
C'est, répond Kant, que le développement de certaines de nos facultés rend possible dans l'homme la loi du devoir; ce perfectionnement « le rend digne de l'humanité qui réside en lui ». Nous savons ce qu'il entend par humanité : c'est l'homme en tant qu'il obéit à la loi du devoir. Aussi la perfection de soi ne consistet-elle pas pour Kant dans l'épanouissement de notre nature d'une façon générale et encore moins dans l'épanouissement de nos facultés de sentir, mais : i** dans la culture de l'intelligence, « faculté qui fournit les concepts, par conséquent aussi ceux qui